L’internement des Canadiens japonais

La Deuxième Guerre mondiale éclate en Europe en 1939. Le 7 décembre 1941, le Japon attaque les États-Unis, ce qui décide ceux-ci, jusque-là non impliqués dans la guerre, à y participer aux côtés des Alliés. Le Canada, combattant déjà aux côtés de l'Angleterre et de la France, déclare la guerre au Japon.

C'est le début de la destruction des communautés japonaises au Canada. En quelques mois, les Canadiens japonais sont soumis à diverses humiliations, uniquement en raison de leur origine. À mesure que la haine contre le Japon s'amplifie avec les premières victoires militaires du Japon en Asie, la crainte que les Canadiens Japonais participent à une invasion ennemie croît également. Les Italiens du Canada, considérés comme des ennemis, connaîtront le même sort.

L'armée canadienne confisque 1 200 bateaux de pêche appartenant à des Canadiens japonais. Les écoles et les journaux de langue japonaise sont interdits par la Gendarmerie royale canadienne (GRC).

Le 16 décembre 1941, toute personne qui a des ancêtres japonais, qu'elle possède ou non la citoyenneté canadienne ou même qu'elle née au Canada, doit se faire inscrire dans le Registre des étrangers ennemis. À la différence de la Première Guerre mondiale, aucun Canadien japonais n'a le droit de s'engager comme volontaire dans l'armée.

La xénophobie atteint son point culminant en Colombie-Britannique, au mois de janvier 1942. Les Canadiens soupçonnent tous les Japonais, même ceux qui ont la citoyenneté canadienne, de collaborer en secret avec le gouvernement impérial de Tokyo pour préparer une invasion de la côte du Pacifique. Le gouvernement fédéral utilise alors la Loi sur les mesures de guerre pour assurer l'internement de tous les Japonais au Canada par une évacuation massive.

Le 16 janvier 1942, le Canada établit une « zone protégée » de 160 km de largeur le long de la côte ouest où ne doit vivre aucun Japonais. Peu après, tous les Canadiens japonais, dont la famille de David Suzuki, sont soumis à un couvre-feu, puis reçoivent l'ordre de quitter la côte et leurs propriétés. À l'époque, le gouvernement soutient que cette mesure est dans l'intérêt de la sécurité nationale, malgré l'opposition du haut commandement militaire et des policiers, selon lesquels les Canadiens japonais ne représentent aucun danger pour la sécurité du Canada.

Les automobiles, les camions et les bateaux de pêche et tous les biens qui appartiennent aux Canadiens japonais sont confisqués et vendus sans le consentement de leurs propriétaires. En octobre 1942, 20 881 hommes, femmes et enfants de souche japonaise, dont 75 % ont la nationalité canadienne, mais qualifiés d'« étrangers ennemis », sont emprisonnés et emmenés dans des camps d'internement situés dans des régions éloignées de la côte ouest (Alberta, Ontario, Québec). De ce nombre, les trois quarts sont des citoyens canadiens. Environ 760 hommes sont arrêtés et traités comme des prisonniers de guerre.