La vie dans les camps

Les conditions de vie dans les camps sommairement construits, parfois dans des étables abandonnées, sont misérables : ni électricité, ni chauffage. Les hommes internés sont envoyés en équipe à la construction de routes ou dans des camps de bûcherons en Alberta et au Manitoba. En 1943, les Japonais qui acceptent de s'établir plus à l'est des montagnes Rocheuses commencent à quitter les camps, mais ils découvrent rapidement que certaines villes canadiennes ne veulent pas d'eux. La ville de Toronto, par exemple, leur refuse l'entrée.

La guerre s'achève le 2 septembre 1945, après la destruction des villes d'Hiroshima et de Nagasaki par les bombes atomiques américaines. Le Canada ferme alors tous les camps d'internement.

Mais même après la fin de la guerre, le gouvernement continue à harceler les Canadiens japonais. Après 1945, le gouvernement canadien offre aux Japonais un choix déchirant, soit de retourner dans un Japon ravagé par la destruction, soit de déménager à l'est des Rocheuses.

Plus de 10 000 d'entre eux quittent le Canada pour le Japon, forcés d'abandonner leur citoyenneté pour retourner dans un Japon qu'ils n'ont jamais vu. Progressivement, par des pressions politiques, l'Église, les groupes travaillistes et les pays asiatiques réussissent à convaincre le gouvernement canadien d'abandonner son plan de déportation en 1947.

Les Japonais qui restent au Canada garderont pendant longtemps un fort ressentiment envers le Canada. Ces derniers, pour se déplacer à l'intérieur du pays, doivent être munis d'un permis spécial, et ce, jusqu'en 1949. La même année, le gouvernement canadien autorise enfin les Canadiens japonais à voyager librement et à voter aux élections.