L’isolement social et familial

L’isolement social et familial dans une société de discrimination

La vie des Chinois au Canada à la fin du XIXe siècle demeure pénible. En fait, leur intégration représente l'un des pires chapitres de l'histoire raciale du pays. Effrayés par leurs différences et leurs coutumes, les Blancs refusent aux Chinois l'accès à de nombreux lieux publics, comme les restaurants et les cinémas.

Certains Canadiens pensent que les Chinois sont venus leur voler leurs emplois et vont jusqu'à les menacer physiquement. D'autres se font des idées fausses ou exagérées au sujet du mode de vie des Chinois. Les Chinois se font régulièrement accuser de malpropreté ou d'être porteurs de maladies à cause du surpeuplement dans leur pays.

Les travailleurs chinois sont moins payés que les travailleurs blancs parce que bien des gens pensent que les Chinois ont besoin de moins d'argent pour vivre; qu'ils acceptent de manger une nourriture moins variée et de moindre qualité, qu'ils sont moins propres et plus prédisposés aux maladies; qu'ils malhonnêtes et immoraux. Victimes de discrimination, les travailleurs chinois souffrent d'isolement social et familial, car les autorités leur refusent le droit de faire venir leur famille de Chine, parfois avec le secret espoir qu'ils disparaissent du Canada par extinction naturelle.

Ho King, par exemple, le propriétaire de la Central Laundry de Winnipeg, quitte la Chine en 1918 ne réussit à faire venir sa femme qu'en 1959, soit après une séparation de 41 ans. Les Chinois sont obligés de vivre dans des quartiers séparés : les chinatown.

Dans la plupart des provinces canadiennes, de nombreuses lois empêchent les immigrants asiatiques d'embaucher des femmes blanches. Le Code du travail des femmes blanches (White Women's Labour Law) de la Saskatchewan est, à ce titre, très explicite. De nombreux Chinois se font insulter et sont victimes de violence physique. En 1907, par exemple, La Ligue d'exclusion des Asiatiques, un mouvement raciste, déclenche une violente émeute contre les commerçants asiatiques de Vancouver. De nombreux magasins sont saccagés et leurs propriétaires battus au point que les autorités, pour ramener l'ordre, interdisent l'existence de la ligue. Même une fois morts, les Chinois ne peuvent pas être inhumés dans les cimetières publics où sont enterrés des Blancs.

Sur le plan politique, à partir de 1871, les immigrants chinois et de l'Asie du Sud se voient retirer leur droit de vote. Il faut attendre 1948 pour que les Chinois et les Indiens regagnent finalement leur droit de vote.