La construction du chemin de fer du Canada Pacifique

Au cours du XIXe siècle, la Chine vit de nombreux remous politiques et sociaux. Attirés par la ruée vers l'or, de nombreux Chinois immigrent sur la côte est des États-Unis. Rejetés par les Américains, une partie d'entre eux poursuivent la prospection de l'or le long du fleuve Fraser, dans l'ouest du Canada. Vaste pays, le Canada avait besoin d'un chemin de fer qui relierait l'est et l'ouest du territoire afin de renforcer l'unité nationale. Tout particulièrement sur le tracé, le relief d'une bonne partie de la Colombie-Britannique est montagneux, ce qui rendait difficile et dangereuse la construction du chemin de fer. Il y avait aussi une pénurie de travailleurs à l'époque, et l'on dut faire appel à des travailleurs chinois.

Entre 1881 et 1884, environ 17 000 Chinois se dirigent vers la Colombie-Britannique pour travailler à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. La plupart de ces immigrants sont du milieu paysan. Ce sont des hommes seuls dont plusieurs ont laissé derrière eux leur famille. Leur premier objectif au Canada est de faire fortune et de retourner en Chine. Toutefois, l'embauche de Chinois irrite une portion de la population raciste de la Colombie-Britannique.

Une discrimination flagrante

Les travailleurs chinois gagnent 1,75 $ à 2 $ par jour, alors que le salaire minimum des autres ouvriers s'élève à 3,50 $. Avec cette paye, ils doivent payer leur nourriture au magasin général de la Canadien Pacifique et établir leurs propres campements avec des moyens de fortune.

À l'opposé, les travailleurs blancs sont entretenus, en plus d'être mieux payés (de 1,5 à 2,5 $ par jour). Mal nourris, mal logés dans des camps mobiles et bondés, mal chauffés en hiver, ils vivent et travaillent dans des conditions misérables. Ils effectuent des tâches périlleuses, ce qui en plus des piètres conditions de vie, aggrave les cas de maladie et de mortalité dans leurs rangs.