L’évolution du droit de vote des femmes

Après l'obtention graduelle du droit de vote aux élections fédérales de 1917 à 1919, la bataille se poursuit pour faire reconnaître le même droit dans les provinces.

Au cours des neuf années qui suivent l'obtention du droit de vote par les Manitobaines (1916), le gouvernement fédéral et la plupart des provinces adoptent des lois donnant le droit de vote aux femmes :

  • Alberta (1916)
  • Saskatchewan (1916)
  • Colombie-Britannique (1917)
  • Ontario (1917)
  • Nouvelle-Écosse (1918)
  • Nouveau-Brunswick (1919)
  • Île-du-Prince-Édouard (1922)
  • Terre-Neuve (1925)

Seul le Québec résiste à ce mouvement d'émancipation politique des femmes.

Les actions des femmes au Québec

Les actions effectuées en vue de l'obtention du droit de vote diffèrent entre le mouvement suffragiste canadien et le mouvement québécois. En effet, les suffragettes canadiennes bénéficient d'un contexte beaucoup plus favorable à leur cause que les Québécoises. Les féministes anglophones ont effectué des recours auprès du gouvernement, tels que des projets de loi et des référendums. Elles ont fait signer des pétitions. Elles ont organisé des manifestations et mené des campagnes publicitaires afin de sensibiliser la population.

Au Québec, par contre, le mouvement féministe cherche d'abord à obtenir les droits sociaux pour les femmes avant le droit de vote. La résistance au droit du vote des femmes dans la province s'explique aussi par le fait que les hommes politiques, les journalistes, l'Église et les femmes des régions rurales sont opposés au suffrage féminin.

Il faut attendre les années 1920 avant que des groupes de femmes axés sur la question se forment. Ainsi, on assiste à la création du Comité provincial pour le suffrage féminin (CPSF) par Marie Gérin-Lajoie et Mme Walter Lyman. Le CPSF est un groupe apolitique qui veut convaincre la population, par le biais d'une campagne, que l'obtention du droit de vote élèverait et améliorerait la position sociale des femmes.

La Ligue des droits de la femme (LDF) est créée en 1929 pour soutenir les efforts de la CPSF. Il faut attendre 1939, avec l'élection d'Adélard Godbout, chef du Parti libéral, pour que la lutte des suffragettes menée par la présidente de la Ligue des droits de la femme, Thérèse Casgrain, aboutisse enfin.

Le 18 avril 1940, le projet de loi accordant le droit de vote aux femmes au Québec est adopté, malgré l'opposition du cardinal Villeneuve. L'obtention de ce droit est un événement très important pour les femmes et leur histoire, puisqu'il marque la fin de la mise en tutelle politique qu'elles subissaient, ainsi que le début de l'égalité formelle entre les sexes.

En 1961, Marie-Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme québécoise élue, et puis la première à devenir ministre.

Depuis l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, le suffrage universel est protégé au Canada par la Loi constitutionnelle. Malgré l'accès à l'égalité et au suffrage universel, en ce troisième millénaire, les femmes demeurent toujours minoritaires sur la scène politique.