Le droit de vote accordé aux élections fédérales

C'est en 1885 que l'on discute pour la première fois au Parlement fédéral la question du droit de vote des femmes. Une partie de la discussion est axée sur le droit de vote basé sur le principe de propriété et sur le suffrage féminin. Lors de ce débat, le gouvernement fédéral retient des arguments en faveur du suffrage féminin.

Pour le gouvernement du premier ministre Macdonald, si les femmes paient des taxes à l'État, il est normal qu'elles aient leur mot à dire sur les décisions que prend l'État, et ce, par le biais du droit de vote. De plus, le suffrage féminin pourrait assainir le monde politique. Enfin, le gouvernement utilise un argument très fataliste, à savoir que la femme obtiendra le droit de vote de toute façon un jour ou l'autre : « Alors, pourquoi ne pas le lui accorder maintenant ? »

Les forces anti-suffragettes (contre le droit de vote des femmes) ne s'inquiètent pas de ces arguments, étant sûres que ce droit ne sera jamais accordé aux femmes. Ce qui est le cas, puisque le débat stagne jusqu'en 1917.

Cette absence d'action est associée à la prospérité économique que connaît le Canada. La rencontre du Conseil international des femmes en 1909 relance les activités des suffragettes. Le National Council of Women du Canada, créé par Lady Aberdeen, l'épouse du gouverneur général, se joint à la cause en 1910, avec une équipe sur le droit de vote. Les suffragettes québécoises du Montreal Suffrage Association se rallient aussi à la cause et militent de 1912 à 1919.

C'est la Première Guerre mondiale qui entraîne les plus grands changements dans le droit de vote fédéral. Les femmes considèrent que, depuis la guerre, les relations sociales entre les deux sexes ont changé.

1915 : Le droit de vote par correspondance est accordé aux militaires en service.

1916 : Pendant que la guerre fait rage en Europe, le Manitoba devient la première province à adopter une loi qui accorde aux femmes le droit de vote aux élections provinciales. Cette percée ouvre la voie à de nouvelles lois sur le suffrage partout au Canada, où les groupes de pression sont actifs.

1917 : le Parlement adopte la Loi des élections en temps de guerre et la Loi des électeurs militaires. La première permet aux femmes de voter à la place d'un autre individu en service militaire et parti au loin, si elles ont un quelconque lien de parenté avec celui-ci.

Ensuite, le droit de vote est accordé à tous les sujets britanniques, hommes ou femmes, qui sont membres actifs ou retraités des Forces canadiennes, y compris les Amérindiens (au sens de la Loi sur les Indiens) et les personnes de moins de 21 ans. Environ 2 000 infirmières militaires, surnommées les Bluebirds, sont les premières Canadiennes à exercer ce droit.

1918 : Le suffrage aux élections fédérales est étendu à toutes les femmes de 21 ans ou plus.

1919 : Le mouvement des suffragettes remporte une victoire importante : les femmes deviennent éligibles à la Chambre des communes.

1920 : L’adoption de l'Acte des élections fédérales marque le début de l'ère moderne dans l'histoire du vote au Canada. À titre de comparaison, les Françaises n'obtiennent le droit de vote qu'en 1944.

1921 : Agnes Macphail est la première femme canadienne élue à la Chambre. Les groupes de suffragettes se dissolvent dans les provinces anglophones peu de temps après l'obtention du droit de vote.