Des tentatives pour limiter l’immigration

Si les Noirs trouvent la liberté au Canada, il n'en demeure pas moins qu'ils seront traités comme des citoyens de seconde zone. Par exemple, en 1911, les Canadiens blancs protestent à la suite de rumeurs selon lesquelles un grand nombre d'Afro-Américains immigraient au Canada en provenance de l'Oklahoma.

Le gouvernement du premier ministre Sir Wilfrid Laurier, qui ne peut passer des lois discriminatoires envers la race ou la couleur de peau, donne l'ordre aux agents d'immigration de refuser les Afro-Américains pour des raisons médicales ou financières. Ces mêmes agents, qui avaient auparavant encouragé les Afro-Américains à venir au Canada, s'efforcent à décourager ceux-ci de venir au pays en leur disant à quel point il fait froid au Canada.

Cette mesure de restriction de l'immigration de minorités visibles qui s'applique également aux Asiatiques va réduire considérablement le nombre de Noirs au sein de la population. De 1901 à 1911, environ 751 000 colons américains s'installent au Canada, mais seulement 1 524 d'entre eux sont Noirs. En 1911, on ne dénombre qu'environ 150 Noirs à Winnipeg, le même nombre à Vancouver et près de 300 à Edmonton.