Le long combat contre le racisme se poursuit encore

Selon Statistique Canada, en 2001, les Noirs formaient le troisième groupe minoritaire visible en importance au Canada, après les Chinois et les Asiatiques du Sud. Selon le Recensement de 2001, on a dénombré 662 200 Noirs, ceux-ci représentant un peu plus de 2 % de la population totale du Canada, et 17 % de la population minoritaire visible. À la vieille immigration noire s'ajoute une nouvelle immigration en provenance des Caraïbes, de l'Amérique latine et d'Afrique.

De nos jours, la discrimination n'a pas encore cessé malgré les notables progrès dans la lutte contre ce phénomène et l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés qui affirme le caractère multiculturel du pays. Selon l'Enquête sur la diversité ethnique de Statistique Canada réalisée en 2002, les personnes de toutes les minorités visibles à l'échelle canadienne se sentent victimes de discrimination ou de traitement injuste, notamment 50 % des Noirs, 35 % des Asiatiques du Sud-Est, 29 % des Latino-Américains et 26 % des Arabes.

Dans la région métropolitaine de Montréal, 31 % des minorités visibles ont répondu avoir été victimes de discrimination. Dans le cas des communautés noires, cette proportion s'élève à 41 %. Toujours selon la même étude concernant les crimes haineux, les personnes de la communauté juive étaient le plus souvent visées (25 %), suivies par les Noirs (17 %),les Asiatiques du Sud (11 %) et les musulmans (11 %). Aujourd'hui encore, des personnes d'origine asiatique, noire ou arabe nées ou intégrées au Québec depuis longtemps continuent à être considérées par certains comme des étrangers, avec des valeurs présumées différentes de celles des Québécois et exclues sur la base de cette différence. La dépréciation de ces personnes et la négation de leurs droits se font en raison d'une prétendue différence culturelle plutôt que d'une infériorité biologique.

De plus, les préjugés contre les Noirs demeurent tenaces. L'image des communautés noires est héritée en bonne partie de la culture américaine, du cinéma et de la couverture médiatique sur les Afro-Américains et les sociétés africaines. Elle est trop souvent associée à la violence, à la pauvreté et au manque d'instruction.

Les modèles de réussite présentés par les médias proviennent presque exclusivement du milieu sportif et des arts. De nombreux jeunes des communautés noires se plaignent d'être très recherchés pour faire partie des équipes sportives, mais d'être exclus des équipes de travail scolaires ou d'être négligés par leurs enseignants.