L’émancipation

La Loi sur les Indiens prévoyait des mesures d'émancipation soit d'un individu ou d'une bande en entier. Jusqu'en 1985, explique Pierre Lepage dans Mythes et réalités sur les Autochtones, on exigeait de l'Indien qu'il ait l'âge de 21 ans révolus pour demander l'émancipation. Celle-ci signifiait ne plus être légalement un Indien, et cette décision revenait au ministre des Affaires indiennes qui agissait à titre de tuteur. Le gouvernement fédéral décidait quand un Indien (ou même une communauté) était assez assimilé pour accéder au statut de citoyen à part entière et échapper à la tutelle fédérale.

La Loi sur les Indiens, mais aussi la Constitution canadienne et les traités déterminent la situation juridique des Amérindiens qui ne sont pas perçus comme des égaux. Même le droit de vote et la Charte canadienne des droits et libertés n'ont pas été suffisants pour supprimer la domination exercée par la majorité sur les Amérindiens.

Vers une abrogation de la Loi sur les Indiens

Selon le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, publié en 2006, la plupart des observateurs non autochtones s'accordent pour dire qu'il est impossible, dans le cadre de la Loi sur les Indiens, de réaliser des progrès en matière d'autonomie gouvernementale et de développement économique afin d'éliminer les problèmes sociaux qui frappent de nombreuses collectivités amérindiennes.

Beaucoup de non autochtones souhaitent que ce statut distinct et discriminatoire soit aboli afin que les Amérindiens soient des citoyens comme les autres Canadiens. Bien que les Autochtones soient parfois eux-mêmes les critiques les plus sévères la Loi sur les Indiens, ils sont paradoxalement souvent très réticents à voir la loi abrogée ou même modifiée.

Beaucoup évoquent le caractère quasi sacré des droits et protections qu'elle établit, bien qu'assortis d'autres dispositions paternalistes et contraignantes qui empêchent les Amérindiens d'assumer leur pleine destinée.