Lois sur les Indiens

Le cas des Inuits

Les Inuits, qui constituent une culture distincte des Amérindiens, furent quant à eux assimilés aux Indiens en 1939 au sens de la Constitution canadienne à la suite d'un jugement de la Cour suprême. Cette décision obligeait le gouvernement fédéral à assumer la responsabilité des « Inuits et des terres réservées aux Inuits ». Malgré tout, les Inuits seront expressément exclus de l'application de la Loi sur les Indiens.

La Loi sur les indiens et l’origine d’un statut différent et inférieur

À l'origine, la Loi sur les Indiens considérait les Amérindiens comme des mineurs, des citoyens de seconde zone dont l'État devait s'occuper. Cette loi discriminatoire fondée sur des critères raciaux et administratifs était unique en son genre dans le monde colonial, car elle imposait un contrôle de la vie quotidienne des peuples indiens sans précédent ailleurs.

Entres autres, cette loi de minorisation restreignait les déplacements des Amérindiens en dehors des réserves. Elle a aussi permis au gouvernement canadien de restreindre ou de refuser le droit de vote aux Inuits jusqu'en 1950 et aux Amérindiens jusqu'en 1960.

Jusqu'aux années 1960, des agents du ministère des Affaires indiennes, présents dans chacune des réserves, ont exercé un pouvoir absolu, réglant presque tous les aspects de la vie quotidienne des Autochtones, de la naissance à la mort, de la création d'une bande à la cession d'une réserve.

En fait, les Indiens n'avaient qu'une alternative : la tutelle permanente ou l'assimilation. Tenir à son identité collective revenait à accepter la tutelle et vivre dans la réserve. La Loi sur les Indiens est devenue inexorablement un véritable paternalisme qui a entraîné une perte d'autonomie et la dépendance des Premières nations.

L’assimilation

De 1868 à 1951, la mise en application de la Loi sur les Indiens s'est traduite par l'imposition forcée des valeurs religieuses et culturelles occidentales dans le but avoué de « civiliser » et d'« assimiler » les Amérindiens, considérés comme des sauvages. Les pensionnats chrétiens ont joué un rôle important dans cette mission de civilisation et d'assimilation. La loi canadienne obligeait en effet les parents autochtones, sous peine de poursuites, à envoyer leurs enfants dans ces institutions, où l'on interdisait l'usage des langues et la pratique des traditions et des coutumes autochtones. Les enfants qui n'obéissaient pas étaient punis, souvent par des châtiments corporels.