Pour ou contre l’accommodement ?

La question de l’accommodement raisonnable soulève régulièrement des débats et des questions quant à l’étendue de l’obligation d’accommodement (les interdits alimentaires, les symboles religieux, etc.).

Suite à certaines requêtes de la part d'individus provenant de groupes minoritaires, requêtes considérées par une partie des médias et de l’opinion publique comme étant excessives, dérangeantes, voire contraires aux valeurs des Québécois, le terme « accommodement raisonnable » a acquis une connotation péjorative et provoqué un mécontentement dans la population.

Le 8 février 2007, une Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (la Commission Bouchard-Taylor) a été mise sur pied par le gouvernement du Québec afin de répondre aux expressions de mécontentement qui se sont élevées dans la population autour de ce qu'on a appelé les « accommodements raisonnables ». Celle-ci a déposé son rapport le 22 mai 2008. Les opposants reprochent à l’accommodement raisonnable de nuire à la laïcité et d’installer chez les minorités une mentalité de la division qui favorise la ghettoïsation. Pour les partisans de l’accommodement raisonnable, il s’agit avant tout d’une mesure d’inclusion qui permet aux minorités de se soustraire aux normes entraînant une discrimination directe ou indirecte à leur endroit. Selon eux, le port ou l’affichage de signes religieux par les minorités n’a pas d’effet négatif sur le mode de vie de la majorité, que personne ne cherche à convertir. Les écoles, par exemple, ne sont pas devenues davantage confessionnelles qu’elles ne l’étaient auparavant.

Finalement, la notion d’accommodement raisonnable s’applique à plusieurs motifs de discrimination, dont le sexe, la grossesse, l’âge, le handicap, et la religion. En pratique, quand on considère l’ensemble des demandes au Québec, ce sont les femmes et les personnes handicapées qui ont particulièrement profité de l’accommodement raisonnable.

L’accommodement raisonnable doit être, en toute bonne foi et de part et d’autre, la recherche de solutions de compromis qui ne lèsent pas les rapports entre les différentes communautés. La philosophie qui sous-tend l’accommodement raisonnable est de trouver une solution juste et équitable dans un esprit de tolérance.