L'origine ethnique

Chacun appartient à une ethnie

Une confusion existe entre ce qu’est l'origine ethnique et l'origine nationale.

La notion d'ethnie est souvent utilisée à tort et à travers, que ce soit dans les médias ou dans les conversations de tous les jours. Par exemple, on l'utilise souvent pour parler de quelque chose de différent ou d'exotique qui évoque le voyage : les « restaurants ethniques », la musique « ethnique ».

Autrefois, le mot « ethnie » avait une connotation péjorative parce qu'on l'associait à des peuples qu'on disait « primitifs » ou inférieurs. Heureusement, grâce aux recherches en génétique et en sciences humaines, on en est venu à la conclusion qu'aucun peuple sur terre n'est inférieur aux autres et qu'on ne peut décider que certains d'entre eux sont des nations, alors que d'autres ne sont que des tribus ou des ethnies.

On peut donc appeler ethnie un groupe d'êtres humains qui possède un héritage socioculturel commun, en particulier l'histoire, l'origine commune, la langue ou la religion.

L'origine ethnique signifie l'appartenance d'un individu à un groupe ethnique, soit parce qu'il en est issu (ascendance, lignée), soit parce qu'il s'y identifie (identité).

« Culturel » ou « peuple » sont des synonymes voisins d'« ethnique ». On peut donc parler d'origine ethnique ou d'origine culturelle.

Ainsi donc, Québécois, Irlandais, Berbères, Inuits, Abénakis, Albanais, Basques, Écossais constituent des ethnies distinctes parmi des milliers d'autres.

Les Québécois sont à la fois groupe ethnique, comme les Autochtones cris, et une nation qui a son territoire propre, sa langue et sa culture distinctes de la culture anglophone ou autochtone du reste du Canada.

La nationalité : un lien juridique ou un sentiment de vif attachement

La nationalité est le lien juridique et politique qui existe entre un individu et un État souverain. Sur le plan juridique, cela désigne la citoyenneté, l'appartenance à un pays qui reconnaît un individu comme son citoyen et lui accorde des droits (de voter, de travailler, d’avoir un passeport, etc.).

Mais on peut être citoyen canadien sans être né au Canada et on peut être citoyen canadien même si nos parents ne le sont pas. En d'autres termes, on peut avoir une nationalité d'origine et se faire naturaliser ou devenir citoyen d'un autre pays.

Le terme de nation ne doit pas être confondu systématiquement avec la citoyenneté, car un pays peut compter plusieurs nations ou des minorités nationales. Le terme nation provient davantage d'une construction idéologique que d'une réalité concrète, d'où la possibilité de faire plusieurs nuances dans sa définition, notamment sur les plans historique et géopolitique.

Une nation peut être homogène (ce qui est rare) ou composée de peuples d'origines diverses ayant en commun un patrimoine territorial, historique, linguistique et partageant les mêmes valeurs.

Ainsi, les Autochtones cris du Québec sont considérés comme formant l'une des dix nations amérindiennes du Québec. Ils ont leur culture propre et ont déjà occupé un territoire qui leur était propre. Ils sont également une minorité nationale au sein du Canada, à l’instar des Québécois.

Le Canada est par conséquent un pays multiethnique et multinational composé de francophones, d'Anglais, d'Autochtones, de Chinois, d'Irlandais, de Juifs, d'Ukrainiens, etc.

Les « communautés ethniques » ou « communautés culturelles »

À la faveur de l'immigration récente sont apparues des appellations officielles pour nommer les nouveaux arrivants : « communautés ethniques » ou « communautés culturelles ».

La société québécoise compte aujourd'hui plus d'une centaine de communautés culturelles en provenance de tous les pays du monde. Par exemple, les Italiens de Montréal, les Haïtiens du Québec, les Ukrainiens de l'Alberta et les Juifs de Toronto sont des communautés ethniques ou des « communautés culturelles ».

Ils sont des fractions d'ethnies plus larges, issues parfois de pays eux-mêmes parfois multiethniques. Par exemple, les Italiens établis au Canada peuvent être issus des ethnies sarde, calabraise, sicilienne, etc.

Tout comme les langues, les ethnies sont aussi menacées de disparition (ethnocide) en face de nations plus fortes ou hégémoniques. Perdre sa langue est le premier signe de la disparition d'un groupe ethnique. Ainsi, de nombreux francophones du Canada et des États-Unis ont été assimilés par la culture anglaise.

La discrimination fondée sur l’origine ethnique ou nationale

La discrimination ethnique est souvent liée à l'apparence physique ou le nom de famille des personnes. Elle intervient notamment dans le monde du travail, dans le logement et parfois dans les relations avec la police.

Au Québec et au Canada, les immigrants (qu'ils soient de première ou de deuxième génération) ont souvent des difficultés à obtenir des entretiens d'embauche et sont donc davantage frappés par le chômage que la population majoritaire.

Malgré les lois antidiscriminatoires, la difficulté d'établir la preuve d'une discrimination n'amène que peu de poursuites.

Toutefois, la Commission des droits de la personne a condamné en 2007 une entreprise québécoise ayant discriminé selon ce motif. En effet, cette entreprise avait dans un premier temps rejeté un CV à cause de la consonance arabe du nom du demandeur, pour ensuite accepter le même CV envoyé cette fois-ci avec un nom francophone. Le demandeur avait effectué cette manœuvre avec l’intention de vérifier s'il était bien victime de discrimination.

Il est malgré tout facile pour les employeurs de ne pas se conformer à la loi et de pratiquer des discriminations à l'embauche. Bien des employeurs redoutent la diversité dans leur entreprise. Ils craignent que certaines attitudes culturelles ne soient dérangées dans les relations de travail avec l'arrivée de personnes différentes, ou encore ils ne font pas confiance aux compétences de celles-ci.

Ces discriminations ont pour conséquence l'augmentation du chômage des jeunes ou des adultes issus de l'immigration, qui ont généralement des niveaux d'études élevés.

Pour combattre cette discrimination ethnique, nationale ou raciale, des mesures d'accès à l'égalité et des politiques d'équité ont été votées par les pouvoirs publics. Elles obligent en quelque sorte les employeurs à embaucher les membres des minorités ethniques ou nationales.