Le sexe

Le sexisme

La société attribue certains rôles et qualités aux hommes et aux femmes, venant des attentes qu'elle a envers chaque sexe.

On nomme discrimination sexuelle une forme d'inégalité qui se fonde uniquement sur l'identité sexuelle.

Le sexisme est une forme de discrimination qui repose sur la hiérarchisation entre les hommes et les femmes.

Dans la mesure où le sexisme se traduit la plupart du temps par des inégalités au détriment des femmes, il est devenu courant de désigner par ce mot les différences et inégalités subies par les femmes.

On peut définir différents niveaux de sexisme :

Le fait de penser qu'un sexe est supérieur à un autre;

Le fait de penser que, comme les hommes et les femmes sont différents dans leur nature (reproductive), leurs rôles dans la société doivent être complètement différents;

Le fait de croire que la religion donne des rôles différents aux hommes et aux femmes.

La discrimination basée sur le sexe est fondée sur les traditions, cultures, religions, comportements et idéologies qui posent une différence de statut et de dignité entre l'homme et la femme. Dès lors, le sexe va définir le rapport hiérarchique entre hommes et femmes dans les sphères sociale, morale, politique, religieuse, philosophique et économique.

Le sexisme peut aussi mener au machisme et à la misogynie, qui désignent le mépris, la domination ou la haine du sexe opposé.

La discrimination sexiste subie par les hommes est marginale par rapport à celle des femmes : droit des pères en matière de divorce, ou de garde des enfants, par exemple.

La condition féminine

La lutte pour l’émancipation des femmes

Les mouvements d'émancipation des femmes, nés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ont eu des résultats concrets pour contrer le sexisme en Occident et dans la plupart des pays riches.

Parmi eux, on trouve des mouvements de lutte pour obtenir le droit de vote, le droit au travail hors de la maison, le droit au divorce ou le droit de choisir le moment de faire des enfants grâce à la contraception et au droit à l'avortement.

Ce combat, mené principalement par des féministes, affirme que l'on peut refuser la hiérarchisation des sexes et des rôles qu'on assigne à ceux-ci.

Nombre de femmes subissent le harcèlement sexuel, qui est tout comportement indésirable de nature sexuelle qui insécurise les femmes et les met mal à l'aise. Celui-ci peut prendre différentes formes, allant des mots ou gestes obscènes à l'attouchement inapproprié, à l'exhibitionnisme, à la masturbation en public, jusqu'au viol.

La condition féminine actuelle

Au Québec, malgré d'énormes progrès, dont la Loi sur l'équité salariale entre hommes et femmes, les propositions de parité dans de multiples domaines et l'égalité juridique des deux sexes avancent lentement.

Un certain nombre de secteurs professionnels demeurent presque exclusivement le domaine d'un sexe ou de l'autre. De plus, il est facile d'observer des écarts salariaux entre les emplois traditionnellement occupés par les hommes et ceux occupés par les femmes.

Les femmes ont donc souvent moins de revenus que les hommes. La précarité est parfois plus grande pour elles, car elles doivent s'adapter au modèle masculin et en adopter les valeurs de compétitivité et d'agressivité.

Souvent, les femmes doivent se consacrer en plus à la « double journée » une fois revenues chez elles après le travail officiel : les tâches ménagères, « invisibles » et non rémunérées.

Dans le domaine de la carrière, la maternité peut devenir pour les femmes un handicap. Paradoxalement, les femmes qui choisissent d'être femmes au foyer se sentent parfois stigmatisées.

Certaines associations de défense des droits des femmes dénoncent également la publicité sexiste qui présente le corps féminin comme un objet de jouissance et de consommation.

Quelques femmes s'insurgent contre le fait que des femmes en politique se font parfois rabaisser non pas comme politiciennes, mais comme femmes.

D'autres femmes souhaitent qu'on se penche sur le problème du genre de la langue (dominée par le masculin) et la féminisation de certains termes, comme on le fait déjà au Québec (pompier, pompière).

Le cas spécifique des transsexuels

Le transsexualisme est la conviction permanente et inébranlable d'appartenir au sexe opposé. Pour intégrer l'autre sexe, le transsexuel recourt à une transformation hormono-chirurgicale.

Cette transformation physique s'accompagne sur le plan juridique d'un changement d'état civil. Quelques fois, ce changement, qui fait appartenir à un sexe autre que celui de naissance, provoque de la discrimination.

Il existe peu de décisions juridiques relatives au droit à l'égalité pour les personnes transsexuelles. En 1982, la Cour provinciale reconnaissait qu'une transsexuelle avait été victime de discrimination fondée sur son état civil lorsqu'on lui avait refusé l'accès à une cafétéria, sous prétexte qu'il s'agissait d'un travesti ou d'un prostitué, malgré la présentation de sa carte d'identité attestant de son état civil.

En 1998, une importante décision a été rendue par la présidente du Tribunal des droits de la personne. Il s'agissait d'un travailleur de rue pour une maison de jeunes que l'on avait congédié après avoir appris qu'il était un transsexuel. Le tribunal avait alors reconnu que le sexe participe de l'identité sexuelle et qu'il ne s'agissait pas dans ces cas d'orientation sexuelle. Il avait conclu en disant que la discrimination fondée sur l'état de transsexuel (l'individu qui a terminé son changement de sexe) ou sur le processus de transsexualisme (celui qui entame des transformations) ne peut être autre chose que de la discrimination fondée sur le sexe.

La grossesse

Être enceinte aujourd’hui

Le pouvoir de procréer est donné à presque toutes les femmes. Malgré la baisse de la natalité (1,2 enfant par femme actuellement, contre 3 enfants en 1965) et le vieillissement de la population, certaines grossesses sont toujours mal perçues au Québec et dans plusieurs sociétés occidentales.

Les jeunes filles enceintes, les mères adolescentes, les femmes avec ou sans emploi qui élèvent seules leurs enfants (mères monoparentales) ainsi que les femmes enceintes en milieu de travail sont souvent les plus susceptibles de vivre des préjugés et de la discrimination. Cas plus rare, les femmes âgées qui désirent avoir un enfant sont la cible de jugements plus durs que les hommes âgés qui deviennent pères.

C'est en 1982 que la grossesse est ajoutée aux motifs de discrimination reconnus par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Un employeur ne peut donc congédier une femme enceinte ou l'encourager à démissionner. Si tel est le cas, ces gestes sont illégaux en vertu de l'interdiction de faire de la discrimination par rapport à la grossesse.

La grossesse à l’adolescence

Les grossesses non planifiées sont surtout le lot des 15-17 ans. On estime que, chaque année, environ 2 % des filles de moins de 18 ans et 8 % des jeunes femmes de 18 à 19 ans tombent enceintes.

En 1989, 52 % des adolescentes enceintes âgées de 15 à 17 ans ont mené leur grossesse à terme. Les naissances chez les moins de 20 ans constituent 4,7 % du nombre total des naissances au Québec.

Les adolescentes enceintes sont souvent encore la cible de préjugés multiples de la part de la société et de leur famille. Les mères mineures courent plus de risques de tomber dans le cycle de la monoparentalité, de la pauvreté et de la dépendance que les mères plus âgées.

Les employeurs et la grossesse

Malgré la loi, l'importance de la main-d'œuvre féminine et le vieillissement de la population, la grossesse est encore vue comme un problème par plusieurs employeurs. L'annonce d'une grossesse à l'employeur est parfois vécue par les femmes comme un moment difficile, marqué d'appréhensions.

Les résistances des employeurs se manifestent de diverses manières:

  • par le congédiement pur et simple,
  • par le refus de paiement d'heures de travail
  • par la réduction du nombre d'heures
  • par différentes formes d'intimidation (lenteur des procédures de réaménagement de tâches, sous-entendus, silence, voire indifférence).

D'autres employeurs choisissent une solution moins engageante en prétextant l'impossibilité de réaffecter l'employée enceinte à d'autres tâches, ce qui ne leur laisse d'autre choix que la perte de leur emploi.

Heureusement, ces mentalités ne subsistent ni dans tous les milieux de travail ni dans l'esprit de tous les gestionnaires. Des stratégies et des accommodements pour concilier le travail et la grossesse (et plus largement la conciliation famille-travail) existent et peuvent être mis en œuvre avec plus ou moins d'efficacité : horaires flexibles, travail partagé, semaine de travail compressée, travail à temps partiel, banques d'heures.