Un mot nouveau pour un crime sans précédent

À crime exceptionnel, dénomination exceptionnelle. En voulant qualifier l'extermination industrielle des Juifs européens par les nazis, Raphael Lemkin crée un nom pour le plus terrible crime contre l'humanité.

Ce juriste américain d'origine juive polonaise, qui a perdu toute sa famille dans l'occupation allemande, invente en 1944 le terme « génocide », en amalgamant le mot grec genos (la race ou la tribu) et le mot latin cide (tuer) pour qualifier le massacre des Arméniens au cours de la Première Guerre mondiale et celui des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

On doit à Lemkin l'initiative de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, signée le 9 décembre 1948 par l'Assemblée générale de l'ONU et entrée en vigueur le 12 janvier 1951, désormais une norme impérative en droit international public.